Félicitations au Dr. Oswald Koussihouèdé, affilié au CROP, pour la brillante soutenance de sa thèse en économie de l’éducation avec la plus haute distinction

CROP - TOGO 22 mars 2015

Les travaux de recherche du Dr. Oswald Koussihouèdé ont porté sur trois articles dans le domaine de l’économie de l’éducation.

Le premier article est le fruit d’une évaluation randomisée portant sur les projets d’écoles au Sénégal. Le traitement consiste en l’octroi d’un financement aux écoles conditionnellement à la soumission, aux autorités éducatives, d’un projet pédagogique destiné à améliorer les performances des élèves. Diverses écoles ont proposé des projets d’écoles tous finançables. Parmi celles-ci, Oswald et ses coauteurs sélectionnent au hasard un groupe d’écoles auxquelles le financement est attribué. Les autres écoles, ayant soumis des projets éligibles à un financement, n’ont par contre pas bénéficié du financement au cours de la période d’évaluation. Les résultats de cette recherche, obtenus à partir de l’analyse d’une série de trois enquêtes sur 575 écoles, montrent que les projets d’écoles ont une influence sur les filles alors que les garçons ne semblent pas bénéficier de l’octroi du financement. Ce résultat est particulièrement marquant pour les élèves des régions pauvres du Sénégal (Ziguinchor et Kolda).

oswaldidLe deuxième article utilise les données de l’évaluation d’impact des projets d’écoles pour analyser l’effet causal de taille des écoles sur les performances scolaires. A la différence du premier article, l’évaluation n’est pas randomisée et repose sur l’hypothèse de sélection sur les observables. Le Dr. Oswald Koussihouede met en œuvre une série d’analyses (régression conditionnelle, régression conditionnelle sur le support commun des données, régression en pseudo-populations comparables, régression doublement robuste, méthodes des effets sur les quantiles) qui identifient des effets de long terme de la taille des écoles sur les élèves vers la fin du cycle primaire. L’analyse permet notamment de suggérer une taille optimale (470-500 élèves) pour les écoles primaires au Sénégal. Cet intervalle est robuste à la violation de l’hypothèse fondamentale d’identification.

Le troisième article utilise les données collectées par le Programme d’Analyse des Systèmes Educatifs de la CONFEMEN (PASEC) en Afrique centrale (Cameroun, Congo et Tchad) et occidentale (Côte d’Ivoire, Sénégal et Togo) pour proposer une estimation des effets classes et effets écoles, dans des spécifications multiniveaux, en modélisant explicitement les variances de niveau classe et de niveau école. Les analyses existantes et précédemment réalisées sur les mêmes données ont simplement confondu ces deux sources de variances des scores des élèves. Les résultats de la recherche démontrent que la variance de niveau classe qui a été souvent omise est importante, suggérant ainsi une modification des plans d’échantillonnages tels que mis en œuvres par de nombreux programmes de recherche en éducation. La spécification proposée par l’auteur est appliquée à deux types de modèles dits de valeur ajoutée qui renseignent sur les facteurs de la performance des élèves (modélisation de valeurs), mais aussi sur ceux de leur croissance académique (modélisation d’une pente).

Rédigé par CROP - TOGO