La taille des écoles a-t-elles en soit un effet sur la performance des élèves ?

CROP - TOGO 6 juillet 2016

Le Centre de Recherche et de Sondage d’Opinions (CROP) dans le cadre de ses activités, a reçu une équipe de Conseillers Techniques du PASEC composé de Priscilla Gomes et du Dr. Oswald Koussihouèdé qui est par ailleurs un affilié non-résident du CROP.

Le Dr. Oswald Koussihouèdé a entretenu une équipe restreinte de chercheurs du CROP sur les méthodes d’évaluation d’impact avant de présenter un de ses travaux portant sur l’impact de la taille des écoles sur la performance scolaire des élèves. Le volet méthodologique de cette présentation a mis l’accent sur les bonnes pratiques pour le succès des études expérimentales tout en relevant le fait que ces méthodes ne sont pas toujours faisables dans différentes situations. Ces limitations ne devraient pas impliquer qu’il faille conduire des études uniquement lorsqu’une expérimentation est possible. Une telle situation serait préjudiciable à la création du savoir, a-t-il souligné.

La recherche du Dr. Oswald Koussihouèdé sur la taille des écoles permet d’informer les décideurs quant à la taille optimale des écoles primaires. Cette recherche tourne autour de la question centrale suivante :

Quand faut-il construire une deuxième école plutôt que de laisser grandir davantage une école existante ?

Pour répondre à cette question, le Dr. Oswald Koussihouèdé utilise trois vagues de collecte de données réalisées au Sénégal en 2009, 2010 et 2011.oswald-priscilla-lome

A défaut de pouvoir assigner aléatoirement les élèves à des écoles de grandes ou de petites tailles pour le seul but d’une telle étude, la recherche s’est appuyée sur la méthodologie des évaluations non expérimentales pour construire deux groupes d’élèves (ceux qui fréquentent les petites écoles et ceux qui fréquentent les grandes écoles). Ces élèves sont comparables de tout point de vue de leurs caractéristiques observables (aux niveaux écoles, classes et ménages) mais diffèrent par le fait que les unes sont grandes alors que les autres sont petites. Dans un pareil design et sous l’hypothèse que le biais de sélection est entièrement contrôlable par les caractéristiques observables, il est possible d’identifier l’effet de la taille des écoles sur les performances scolaires des élèves. L’hypothèse (non testable) de sélection sur les observables reste crédible au regard du grand nombre de variables de contrôle et les modélisations économétriques (modèles de valeurs ajoutées en régression doublement robuste) donnent à la recherche une dimension technique qui permettent de contourner les possibles violations aux hypothèses d’identification de l’effet de la taille des écoles.

Les résultats de la recherche, éprouvés par plusieurs analyses de sensibilité, indiquent que les grandes écoles, tout comme les petites, ne sont pas favorables à la performance des élèves. Une taille optimale de 470-500 élèves, basée sur le comportement des estimateurs dans les analyses de sensibilité, est dès lors proposée. Bien que ces travaux soient basés sur les données du Sénégal, il est fort probable que ces résultats s’appliquent aux systèmes éducatifs africains qui partagent les mêmes caractéristiques.

 

Rédigé par CROP - TOGO