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Le système judiciaire togolais entre l’inconfiance populaire et les perceptions de corruption

admin

7 Juin, 2017

07/06/2017

Le jeudi 18 mai 2017, le Centre de Recherche et de Sondage d’Opinion (CROP) a organisé une diffusion des données sur le thème « Le système judiciaire togolais entre l’inconfiance populaire et les perceptions de corruption », évènement tenu à la salle Hibiscus de l’Agora Senghor. Le panel était constitué de M. Hervé Akinocho, directeur de CROP, de M. Ekoutiamé A. Ahlin, chercheur au CROP, et de Dr. Kodjo A. Kuakuvi, enseignant chercheur à l’Université de Lomé. Cette dissémination fait suite à la dépêche No. 147 d’Afrobaromètre rédigée par Pauline M. Wambua et Carolyn Logan. Les données utilisées proviennent de la série 6 des enquêtes Afrobaromètre conduites au Togo entre le 12 et le 24 octobre 2014. Etaient aussi présents, de nombreuses autorités administratives et institutionnelles, des représentants des organisations internationales, des représentants d’ambassades, des représentants des organisations de la société civile, des représentants d’Organisations non gouvernementales, des journalistes et des universitaires.

IMG_1620Les résultats d’analyse présentés ont montré que malgré les efforts du gouvernement togolais ces dernières années -efforts appuyés par certains partenaires techniques et financiers dont la délégation de l’Union Européenne et le PNUD- en termes d’amélioration de l’accès à la justice, le système judiciaire reste marqué par un manque de confiance populaire. Ainsi, seulement 37% des Togolais affirment faire « partiellement » ou « très » confiance aux tribunaux. De plus, 48% des togolais pensent que la plupart ou tous les juges et magistrats sont impliqués dans les affaires de corruption. Au Togo le contact des citoyens avec les tribunaux est faible (11%), et ce faible pourcentage qui en a fait l’expérience pense que les difficultés d’accès à la justice résultent des longs délais (48%), de la complexité du système judiciaire (44%), du manque de conseil et d’assistance judiciaire (39%), de l’inattention des juges (36%), et des coûts élevés (28%).

Selon la représentante du CNDH à cette dissémination, les résultats présentés viennent renforcer les constats faits sur le terrain et ont le mérite de fournir des données chiffrées permettant à la société civile de mieux soutenir son argumentaire lors de ces plaidoyers auprès les autorités et les bailleurs. Les praticiens présents, bien que reconnaissant les problèmes soulevés par les résultats, les remettent dans le contexte togolais d’un système judiciaire qui fait face à un manque de ressource qui expliquerait en grande partie ces difficultés et la lenteur dans la mise en œuvre de réformes phares comme celle de l’assistance juridique. Les échanges se sont achevés sur l’appel des représentants du secteur à se rapprocher d’eux pour que la réflexion puisse être poursuivie afin compréhension des causes des difficultés de la justice pour que des approches de solutions puissent être proposées.

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